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UN DOMINICAIN AUDACIEUX
Le
frère Yves CONGAR ,
membre de la famille dominicaine, fut
dans l’Eglise ,un des plus grands théologiens du XX° siècle,
connu et apprécié pour ses travaux en ecclésiologie et en œcuménisme.
Homme de progrès, à la pensée audacieuse, il se passionna pour
la vie de l’Eglise, celle des prêtres et celle des laïcs .Précurseur
dans la réflexion œcuménique, ce fut le premier à donner une
valeur théologique non seulement à la vie des chrétiens qui se
trouvent en dehors de l’Eglise catholique, mais aussi à leurs
assemblées.
Le but ici recherché est de donner envie de
mieux le connaître et d’aller à la découverte de son œuvre
et de son action dans l’Eglise.
Aussi ne sont proposées ici que les
principales étapes de
sa vie et quelques ouvrages.
SA VIE :
Né en 1904, Yves CONGAR entre au noviciat,
en 1925, pour la province de France.
Il sera ordonné prêtre en juillet 1930.
Par la collection
Unam Sanctam, en 1937, il contribue fortement à l’ecclésiologie
de communion, expression que
l’on retrouve dans LES FRATERNITES LAIQUES DOMINICAINES (p.185).
Prisonnier de guerre de 1940 à 1945, il
connaîtra dans les années 1950, une période difficile :
condamné au silence par le Vatican, pour avoir soutenu le
mouvement des prêtres ouvriers.
En février 1954, il est écarté de
l’enseignement, ses idées dérangent. Il est envoyé plusieurs
mois à Jérusalem. Puis, après un bref séjour à Cambridge, il
est assigné au couvent de Strasbourg.
En 1960, il est nommé consulteur de la
commission théologique qui prépare le concile Vatican II
et de 1962 à 1965, il participe au concile, en qualité
d’expert. Il tient
son journal qui sera publié, en 2002.
A partir de 1980, il est atteint d’une
maladie neurologique et sera hospitalisé aux Invalides, en 1984.
Le pape Jean-paul II le nomme cardinal le 27 novembre 1994.
Il meurt aux Invalides le 22 juin 1995, et
ses obsèques seront célébrées à Notre-Dame de Paris, le 26
juin 1995.
SON ŒUVRE :
Le F. CONGAR a écrit de nombreux ouvrages,
mais pour le mieux connaître, il est conseillé d’aller à la découverte
de son journal paru
en 2002 et où il raconte, dans un style vivant , sa participation
au concile..
Quelques ouvrages méritent lecture et étude
comme « le journal d’un théologien » édité en
novembre 2000.Puis, « Vaste monde ma paroisse » où il
pose la question du salut des hommes de bonne volonté qui n’ont
pas reçu l’évangile.
« Esprit de l’homme, esprit de Dieu »
publié en trois volumes constitue une véritable somme sur le
Saint-Esprit.
En novembre 1983, déjà souffrant, il n’hésite
pas à écrire un livre sur « Martin Luther , sa foi et sa
réforme ». Il a une approche ouverte et
accueillante sur l’œcuménisme.
Déjà, en 1969, quelques années après le
concile Vatican II , il publiera « au milieu des
orages », livre audacieux aux expressions
osées comme celle-ci : Il faut déclergifier le
sacerdoce, l’Eglise… livre, qui ne lui vaudra pas que des
compliments !
Il écrira plusieurs ouvrages sur l’œcuménisme.
Sa vision de l’Eglise est
celle de Vatican II et correspond aux aspirations de
nouveau siècle.
Tout au long de sa vie, et de ses écrits, il
exprimera, sans cesse, son amour de l’Eglise. Trois passions
l’animeront : l’Eglise, les prêtres et les laïcs, mais
toujours avec le souci de s’adresser à l’ensemble de ceux qui
sont loin de l’évangile et qui, eux aussi, sont appelés à
« connaître Jésus-Christ et s’insérer dans l’économie
du Salut ». Son souci de dialoguer avec les non chrétiens
et les non croyants est présent dans toute son œuvre.
Homme de prières, de contemplation et de convictions fortes, par sa vie et ses écrits, son
regard s’ouvrait, par sa prédication, aux dimensions du monde.
Ce fut un authentique dominicain qui restera, dans l’Eglise, un
artisan du concile Vatican II.
Charles Bodin
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