Les Grandes Figures

Yves Congar (1904-1995)

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UN DOMINICAIN AUDACIEUX

   Le frère Yves  CONGAR , membre de la famille dominicaine, fut  dans l’Eglise ,un des plus grands théologiens du XX° siècle, connu et apprécié pour ses travaux en ecclésiologie et en œcuménisme. Homme de progrès, à la pensée audacieuse, il se passionna pour la vie de l’Eglise, celle des prêtres et celle des laïcs .Précurseur dans la réflexion œcuménique, ce fut le premier à donner une valeur théologique non seulement à la vie des chrétiens qui se trouvent en dehors de l’Eglise catholique, mais aussi à leurs assemblées.

Le but ici recherché est de donner envie de mieux le connaître et d’aller à la découverte de son œuvre et de son action dans l’Eglise.

Aussi ne sont proposées ici que les principales étapes  de sa vie et quelques ouvrages.

SA VIE :

Né en 1904, Yves CONGAR entre au noviciat, en 1925, pour la province de France.

Il sera ordonné prêtre en juillet 1930.

Par la collection  Unam Sanctam, en 1937, il contribue fortement à l’ecclésiologie de communion, expression  que l’on retrouve dans LES FRATERNITES LAIQUES DOMINICAINES (p.185).

Prisonnier de guerre de 1940 à 1945, il connaîtra dans les années 1950, une période difficile : condamné au silence par le Vatican, pour avoir soutenu le mouvement des prêtres ouvriers.

En février 1954, il est écarté de l’enseignement, ses idées dérangent. Il est envoyé plusieurs mois à Jérusalem. Puis, après un bref séjour à Cambridge, il est assigné au couvent de Strasbourg.

En 1960, il est nommé consulteur de la commission théologique qui prépare le concile Vatican II  et de 1962 à 1965, il participe au concile, en qualité d’expert. Il  tient son journal qui sera publié, en 2002.

A partir de 1980, il est atteint d’une maladie neurologique et sera hospitalisé aux Invalides, en 1984. Le pape Jean-paul II le nomme cardinal le 27 novembre 1994.

Il meurt aux Invalides le 22 juin 1995, et ses obsèques seront célébrées à Notre-Dame de Paris, le 26 juin 1995.

SON ŒUVRE :

Le F. CONGAR a écrit de nombreux ouvrages, mais pour le mieux connaître, il est conseillé d’aller à la découverte de  son journal paru en 2002 et où il raconte, dans un style vivant , sa participation au concile..

Quelques ouvrages méritent lecture et étude comme «  le journal d’un théologien » édité en novembre 2000.Puis, « Vaste monde ma paroisse » où il pose la question du salut des hommes de bonne volonté qui n’ont pas reçu l’évangile.

« Esprit de l’homme, esprit de Dieu » publié en trois volumes constitue une véritable somme sur le Saint-Esprit.

En novembre 1983, déjà souffrant, il n’hésite pas à écrire un livre sur «  Martin Luther , sa foi et sa réforme ». Il a une approche ouverte et  accueillante sur l’œcuménisme.

Déjà, en 1969, quelques années après le concile Vatican II , il publiera «  au milieu des orages », livre audacieux aux expressions  osées comme celle-ci : Il faut déclergifier le sacerdoce, l’Eglise… livre, qui ne lui vaudra pas que des compliments !

Il écrira plusieurs ouvrages sur l’œcuménisme.

Sa vision de l’Eglise est  celle de Vatican II et correspond aux aspirations de nouveau siècle.

Tout au long de sa vie, et de ses écrits, il exprimera, sans cesse, son amour de l’Eglise. Trois passions l’animeront : l’Eglise, les prêtres et les laïcs, mais toujours avec le souci de s’adresser à l’ensemble de ceux qui sont loin de l’évangile et qui, eux aussi, sont appelés à « connaître Jésus-Christ et s’insérer dans l’économie du Salut ». Son souci de dialoguer avec les non chrétiens et les non croyants est présent dans toute son œuvre.

Homme de prières, de contemplation  et de convictions fortes, par sa vie et ses écrits, son regard s’ouvrait, par sa prédication, aux dimensions du monde. Ce fut un authentique dominicain qui restera, dans l’Eglise, un artisan du concile Vatican II.

Charles Bodin

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