Les Grandes Figures

Henri-Dominique Lacordaire
(1802-1861)

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Jean-Baptiste Henri LACORDAIRE, en religion le père Henri-Dominique, né le 12 mai 1802 à Recey-sur-Ource (21), mort le 21 novembre 1861 à Sorèze (81), est un religieux, prédicateur, journaliste et homme politique français. Restaurateur en France de l’Ordre des Prêcheurs (dominicains), il est considéré aujourd’hui comme l’un des précurseurs du catholicisme moderne.

Jeunesse et formation : Fils d’un ancien médecin de la marine française, Henri fut élevé par sa mère, veuve précocement, et fille d’un avocat. Il avait trois frères. Bien qu’élevé dans la foi catholique, il s’en éloigna pendant ses études au lycée de Dijon, étudia ensuite le droit pour devenir avocat et se signala par ses qualités d’orateur. Malgré les perspectives d’une carrière brillante, il s’ennuyait et se sentait isolé à Paris dont les distractions ne le séduisaient guère

Il entre, malgré les réticences de sa mère, au séminaire Saint Sulpice à Issy en 1824 et à partir de 1826, à Paris, où l’enseignement, d’une qualité médiocre, ne convenait guère à sa formation antérieure, à son caractère, à ses convictions libérales.

L’Avenir et le catholicisme libéral : En mai 1830, l’abbé de Lamennais, maître à penser de la jeunesse catholique française, l’invite dans sa propriété bretonne et Henri est séduit par ses qualités ultra mondaines et libérales, malgré la réticence qu’il eut au début à cause de l’intransigeance de Lamennais. Avec Lamennais et des proches amis, il fonde le journal « l’Avenir » dont la devise était « Dieu et la liberté » (en 1830), et il note ses revendications « Nous demandons la liberté de conscience ou la liberté de religion, pleine, universelle, sans distinction comme sans privilège ; par conséquent, en ce qui nous touche, nous catholiques, la totale séparation de l’Eglise et de l ’Etat …

Un prédicateur talentueux : En 1834, sur la proposition du jeune Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint Vincent de Paul, il commence une série de conférences au collège Stanislas, qui rencontrèrent un très grand succès. Mais les conférences furent suspendues car on le soupçonna de pervertir la jeunesse.

Rétablissement de l’Ordre des Prêcheurs en France : Dans  cette entreprise, Henri fut soutenu par le pape Grégoire XVI et par le maître général des dominicains, le père Ancarani, qui lui offrit l’usage du couvent romain de Sainte Sabine. Le 9 avril 1839, Henri Lacordaire prit l’habit dominicain au couvent de la Minerve à Rome et reçut le nom de Dominique. Un an plus tard, il prononce ses vœux. En 1841, il retourne en France et porte l’habit dominicain malgré les lois révolutionnaires et prêche avec succès à Notre-Dame. En 1850, la province dominicaine est définitivement rétablie, mais il se heurte avec le vicaire général de l’Ordre. En effet, Lacordaire pense que le devoir de prédication et d’enseignement ne doit pas contraindre la liberté des frères (pourtant lui-même s’appliquait une discipline très sévère), alors que le vicaire s’oppose à sa vision plus libérale  (horaires, matines, office de nuit, confort, dispenses …)

Dernières années : La fin de sa vie fut assombrie par ces controverses et les déceptions politiques. Jusqu’à sa mort, il se consacra à l’éducation de la jeunesse, dans le nouveau cadre de la loi Falloux. Il dirige un collège à Oullins, près de Lyon, puis une école à Sorèze, dans le Tarn.

Il est élu en 1860 à l’Académie Française, au fauteuil 18, mais il ne siégea qu’une fois.

Il meurt le 21 novembre 1861 à Sorèze où il est inhumé.

Révolution, catholicisme et libéralisme : Henri ne dissociait pas une foi catholique profonde et la croyance dans le progrès et la liberté humaine (selon lui, « c’est l’Evangile qui a fondé la liberté dans le monde, qui a déclaré les hommes égaux devant Dieu, qui a prêché les idées et les œuvres de fraternité »).

Pour un renouvellement de l’art chrétien : Il a fondé la Confrérie de Saint Jean,  pour l’encouragement de l’art chrétien bientôt reconnue d’utilité publique. Henri a prêché lors de la messe d’action de grâce pour le premier anniversaire de la Confrérie.

 Jacqueline Desrues, laïque dominicaine, fraternité Lacordaire, Lyon

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