Les Grandes Figures

Marie-Joseph Lagrange, o.p.
Fondateur de l’École Biblique de Jérusalem

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A propos du Père Lagrange...

Repères chronologiques...

Le Père Lagrange est né à Bourg-en-Bresse, le 7 mars 1855. Au cours de l’été 1879, un pèlerinage sur la tombe du curé d’Ars, le renforça dans l’idée d’une vocation dominicaine.

Il découvre la beauté liturgique du couvent de Saint-Maximin et c’est là qu’il reçoit l’habit de l’Ordre des Prêcheurs des mains du Provincial le P. Hyacinthe-Marie Cormier le 6 octobre 1879. Un an plus tard, par sa profession, il promet « d’obéir à saint Dominique et à ses successeurs jusqu’à sa mort ». Après ses études faites à Salamanque en Espagne, le P. Lagrange enseigne au couvent de Toulouse la philosophie et la Bible. Il part alors à Vienne en Autriche pour étudier certaines langues anciennes.

Ses supérieurs dominicains lui demandent de se rendre à Jérusalem où l’Ordre a décidé de fonder un institut consacré aux études bibliques. Le P. Lagrange accoste par bateau à Alexandrie le 14 février 1890, passe 15 jours au Caire, et arrive pour la première fois à Jérusalem le 10 mars 1890. C’est son premier contact avec la Terre sainte. Pour la première fois de sa vie, il peut célébrer la fin du Carême, la Semaine Sainte, Pâques, l’Ascension et la Pentecôte aux endroits mêmes où eut lieu le mystère de notre salut.

Le 15 novembre 1890, le P. Lagrange inaugure officiellement l’École Pratique d’Études Bibliques. Les débuts sont modestes : seulement 5 étudiants. Le couvent Saint-Étienne de Jérusalem ne possède pas encore de bibliothèque. Le P. Lagrange doit assurer pratiquement seul tous les cours. En 1892, il décide de fonder la Revue Biblique qui 4 fois par an proposera des articles sur la Bible bien sûr, mais aussi sur les découvertes épigraphiques et les fouilles archéologiques qui sont faites dans le Proche-Orient.

En quelques années, elle devint la revue la plus importante pour les études bibliques.

Plusieurs jeunes dominicains français rejoignent, dans les années 1890, le P. Lagrange pour étudier à Jérusalem :Antonin Jaussen , Hugues Vincent ,Raphaël Savignac, Félix Abel, Paul Dhorme. Après quelques années d’études, ils deviennent les premiers collaborateurs du P. Lagrange.

 L’influence et l’autorité de l’École Biblique devenaient de plus en plus importantes dans le monde catholique grâce à la grande compétence de ses professeurs.

L’élection du pape Pie X sur la Chaire de Pierre, le 4 août 1903, va marquer le début d’une période difficile pour le P. Lagrange et l’École Biblique. C’est l’époque de la crise moderniste où l’on craint à Rome de voir s’infiltrer au sein de la science catholique les idées rationalistes et libérales protestantes allemandes.

Le P. Lagrange, qui cherche à concilier l’enseignement traditionnel de l’Église catholique romaine et des saints Pères avec les résultats de la critique historique, se voit interdit, par le Siège Apostolique, de publier livres et articles sur l’Ancien Testament.

Toutefois, le P. Lagrange ne fut jamais condamné par l’Église, et il témoigna toujours envers le successeur de Pierre une indéfectible fidélité.

Le P. Lagrange passe la Première Guerre mondiale en France, et retourne à Jérusalem le 12 novembre 1918. La situation a changé. Il y a un nouveau pape à Rome, Benoît XV élu en 1914, et les Britanniques sont désormais les nouveaux maîtres du pays.

L’École aussi change de nom et devient française. L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en effet, décide de soutenir les dominicains français de Saint-Étienne et leur institut prend le nom d’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem.

À partir de 1911, le P. Lagrange va publier des commentaires ou des livres sur chacun des quatre évangiles : saint Marc en 1911, saint Luc en 1921; saint Matthieu en 1923 et saint Jean en 1925.

En 1935, le Prieur de Saint-Étienne organisa une célébration pour les 80 ans du P. Lagrange. Ayant des problèmes de santé, il décide de rentrer en France afin, dit-il, de se préparer à la mort et à rencontrer son Seigneur.

Il quitte Jérusalem et l’École Biblique le 6 octobre 1935. Il retrouve Saint-Maximin, le couvent de son noviciat, et il mène la vie d’un religieux exemplaire. Il y meurt paisiblement le 10 mars 1938, âgé de 83 ans, entouré de ses frères chantant le Salve Regina selon la coutume de l’Ordre. Depuis le 12 novembre 1967, le P. Lagrange repose dans le chœur de la Basilique Saint-Étienne de Jérusalem.

Le procès en vue de la béatification du fondateur de l’École Biblique a été ouvert en 1988, 50 ans après sa mort.

Fr. Marc Leroy, o.p.,
École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem

Prière :

Seigneur notre Dieu, nous te rendons grâce pour ton serviteur Marie-Joseph Lagrange. Par toute sa vie, il a témoigné un amour inlassable de ta Parole, un zèle infatigable pour l’étude, et une fidélité sans faille à ton Église.

Nous t’en prions : répands en nos cœurs ton Esprit de sagesse et de science, fais-nous brûler du même désir de la vérité, pour ta gloire et le salut du monde. Et si telle est ta volonté, daigne glorifier ton serviteur.

Par Jésus-Christ, Notre Seigneur. Amen

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