Les Grandes Figures

Louis-Joseph Lebret (1897-1966)

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Louis-Joseph était cadet de marine pendant la Première Guerre Mondiale. En 1923 il devint dominicain. Il était diacre et de santé fragile quand il fut envoyé au port de Saint-Malo pour améliorer sa santé. Cette expérience allait transformer sa vie. Il se fit des amis parmi les pêcheurs et leurs familles, s’asseyait chez eux pour écouter leurs histoires et à partir de ces rencontres commença à analyser les causes de conditions de vie dures et dégradantes. Utilisant les outils de l’analyse sociologique, il examina les liens entre le chômage et les salaires misérables des pêcheurs, entre l’organisation chaotique de l’industrie de la pêche et les efforts internationaux des grandes entreprises pour avoir le monopole des meilleurs bancs de pêche. Ceci conduisit à l’adoption de lois qui aidèrent à réorganiser et à restructurer l’industrie française de la pêche.

En 1942, il fonda Economie et Humanisme, qui devint un centre pour l’étude des problèmes sociaux et le rassemblement d’équipes avec différentes spécialités: agronomes, économistes, théologiens. Avec le recours à l’analyse sociologique, Lebret et ses compagnons mirent au jour les faiblesses inhérentes aux deux systèmes occidentaux, le capitalisme comme le marxisme centralisé et monolithique, qui étouffaient les renouvellements. Le Pape Paul VI lui demanda de préparer un texte de travail, pour l’Encyclique Populorum Progressio, et « présenta l’encyclique comme un tribut à sa mémoire ».

Vincent Cosmao continua son œuvre et l’élargit à l’occasion de sa participation au document synodal « Justice dans le monde », auquel il contribua par un chapitre qui énonce :

L’action au nom de la justice et la participation à la transformation du monde nous apparaissent pleinement comme une dimension constitutive de la prédication de l’Evangile, ou , en d’autres termes, de la mission de l’Eglise pour la rédemption de la race humaine et de sa libération de toute situation d’oppression.

Travailler pour la justice est une part essentielle de l’évangélisation. Il ne suffit pas de la prêcher, il faut œuvrer pour elle. Sans cela l’évangélisation est incomplète. Après tout c’est le message de la vie de Dominique, de Martin de Porrès, de Catherine de Sienne, de Giorgio Frassati et de tant d’autres.

Bernard Galinou, laïc dominicain, fraternité Lacordaire, Lyon

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