|
Louis-Joseph était cadet de marine pendant la Première
Guerre Mondiale. En 1923 il devint dominicain. Il était diacre et
de santé fragile quand il fut envoyé au port de Saint-Malo pour
améliorer sa santé. Cette expérience allait transformer sa vie.
Il se fit des amis parmi les pêcheurs et leurs familles,
s’asseyait chez eux pour écouter leurs histoires et à partir
de ces rencontres commença à analyser les causes de conditions
de vie dures et dégradantes. Utilisant les outils de l’analyse
sociologique, il examina les liens entre le chômage et les
salaires misérables des pêcheurs, entre l’organisation
chaotique de l’industrie de la pêche et les efforts
internationaux des grandes entreprises pour avoir le monopole des
meilleurs bancs de pêche. Ceci conduisit à l’adoption de lois
qui aidèrent à réorganiser et à restructurer l’industrie
française de la pêche.
En 1942, il fonda Economie et Humanisme, qui devint un
centre pour l’étude des problèmes sociaux et le rassemblement
d’équipes avec différentes spécialités: agronomes, économistes,
théologiens. Avec le recours à l’analyse sociologique, Lebret
et ses compagnons mirent au jour les faiblesses inhérentes aux
deux systèmes occidentaux, le capitalisme comme le marxisme
centralisé et monolithique, qui étouffaient les renouvellements.
Le Pape Paul VI lui demanda de préparer un texte de travail, pour
l’Encyclique Populorum Progressio, et « présenta
l’encyclique comme un tribut à sa mémoire ».
Vincent Cosmao continua son œuvre et l’élargit à
l’occasion de sa participation au document synodal « Justice
dans le monde », auquel il contribua par un chapitre qui énonce :
L’action au nom de la
justice et la participation à la transformation du monde nous
apparaissent pleinement comme une dimension constitutive de la prédication
de l’Evangile, ou , en d’autres termes, de la mission de
l’Eglise pour la rédemption de la race humaine et de sa libération
de toute situation d’oppression.
Travailler pour la justice est une part essentielle de l’évangélisation.
Il ne suffit pas de la prêcher, il faut œuvrer pour elle. Sans
cela l’évangélisation est incomplète. Après tout c’est le
message de la vie de Dominique, de Martin de Porrès, de Catherine
de Sienne, de Giorgio Frassati et de tant d’autres.
Bernard Galinou, laïc
dominicain, fraternité Lacordaire, Lyon
|