Les Grandes Figures

Agnès McLaren (1837-1913)

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Duncan McLaren commence à travailler à 12 ans, à 24 ans il monte sa propre affaire à Edimbourg en Ecosse et, par la lecture et la fréquentation de conférences, il supplée à son absence d’instruction. Fort en affaires, il entre en politique. Il fait campagne pour l’abrogation des Lois sur le Blé, et pour l’éducation des pauvres. Libéral, il soutient les intérêts des classes liées à l’industrie en croissance ainsi que les besoins des couches modestes. Il réussit à mettre en place un système d’école libre à Edimbourg.

Agnès est le premier enfant de son second mariage. Duncan est toujours là pour la famille et il est guérisseur à sa manière. Quand l’un des garçons se met à bégayer et que cela empire, son père l’appelle un jour. Maintenant, fils, je vais te soigner de ton bégaiement. Ouvre la bouche et tire la langue. Duncan sort un crayon en or de sa poche, le pose sur la langue de son fils et dit : maintenant va-t-en, tu ne bégaieras jamais plus. Le bégaiement ne revint jamais. Quand on le questionnait, Duncan disait à sa femme : C’est simplement la foi.

Agnès grandit dans une maison où l’on fait grand cas de la justice sociale. Une famille où l’on parle politique, et Duncan et son épouse encouragent la discussion. Duncan est presbytérien et sa femme quaker, avec une longue tradition d’engagement social. Cela fait un foyer intéressant.

En grandissant, Agnès s’engage dans le combat pour la libération des femmes. Sa sœur veut être admise comme étudiante en médecine à Edimbourg mais est refusée. Des femmes en médecine, c’est considéré comme un scandale ! Les besoins des femmes pauvres conduisent Agnès sur le même chemin. Impossible en Grande-Bretagne, elle cherche à s’inscrire comme étudiante en médecine en France. Elle fait sa demande à l’Université de Montpellier et est acceptée. Elle loge chez les sœurs franciscaines, va à la messe tous les matins avec elles et en 1878 obtient son diplôme de médecine à Montpellier et à Dublin. Elle retourne en France pour pratiquer la médecine et est reçue dans l’Eglise en Novembre 1898, à 51 ans.

Se souvenant d’un couvent dominicain en ruines en Ecosse, elle se met à lire des ouvrages sur l’Ordre et son rétablissement en France par Lacordaire. Elle entend parler des sœurs dominicaines de Béthanie à Montferrand fondées par le Père Lataste, O.P., et décide d’aller les visiter.

Béthanie s’inspire de la fondation de Dominique à Toulouse pour les filles travaillant sur le trottoir. Agnès sent que c’est là la réalisation de son rêve d’aider les femmes en difficultés. Elle visite Rome, rencontre le Maître de l’Ordre, le Père Cormier, et est reçue comme laïque dominicaine.

A 68 ans, la vie vient juste de commencer pour Agnès McLaren. A travers un contact avec Mill Hill à Londres, la condition des femmes pauvres en Inde et l’absence de femmes médecins deviennent sa nouvelle préoccupation. Elle s’inspire de Catherine de Sienne et de son travail au Grand Hôpital de Gênes. Ses efforts la conduisent à aider à l’ouverture d’un hôpital à Rawalpindi (près de l’actuelle Islamabad au Pakistan).

A soixante-dix ans, Agnès prend le bateau pour l’Inde et se lançe dans tous les problèmes liés au fonctionnement d’un hôpital de mission. Elle frappe aux portes et écrit des lettres pour demander de l’aide. L’urgence est de trouver des sœurs expérimentées en médecine et chirurgie afin de répondre aux besoins des femmes.

Le droit canon doit être changé ! Comme Dominique, Agnès fait le siège des hommes d’Eglise et du Saint Siège. Elle fait six visites à Rome pour demander avec passion ce changement, refusant d’accepter un « non » comme une réponse.

En 1912, consciente de son âge et sentant la maladie venir, Agnès comprend que ses jours sont comptés et que son espoir chéri à savoir l’établissement de missions médicales pour les femmes, restera inaccompli. La Providence la conduit à Anna Dengel à qui elle communique son inspiration. La future fondatrice des Sœurs Missionnaires Médicales va réaliser le rêve de d’Agnès. Agnès meurt en 1913, le désir de son cœur bien transmis à d’autres mains.

Bernard Galinou, laïc dominicain, fraternité Lacordaire, Lyon

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