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Martin de Porrès, est né hors mariage d’une esclave noire
affranchie de Lima et d’un descendant des conquérants
espagnols. Débrouillard et intelligent, il devient « barbier »,
c’est-à-dire apothicaire/infirmier. Il entre à 15 ans au
couvent du Rosaire à Lima comme laïc « donné », se
mettant à la disposition du couvent pour y pour donner ses biens
et y travailler. Le jour où son prieur a des difficultés financières,
Martin se propose pour être vendu comme esclave ! Il remplit
les charges les plus humbles : portier, homme de ménage (on
le représente souvent avec un balai), jardinier, avant d’être
chargé de l’infirmerie.
L’hagiographie de Martin peut nous laisser perplexe, tant
on y trouve des témoignages de signes extraordinaires : guérisons
multiples, don d’ubiquité ou de passage à travers les murs,
extases avec lévitation, art de parler aux animaux et de s’en
faire obéir... Voyons plutôt quels sont les talents de Martin
qui peuvent nous inspirer pour mieux servir aujourd’hui le
Christ dans l’esprit de St Dominique.
Il nous met sur le chemin de l’humilité vraie : ne
pas mettre ses charismes sous le boisseau, mais les utiliser comme
talents à faire fructifier, sans se mettre en avant. Très
populaire, Martin agit toujours dans un esprit de service ou de
compassion. Il n’hésite pas à demander de l’argent aux
puissants afin de nourrir les pauvres, habiller ses frères alors
que lui-même est toujours vêtu et chaussé de défroques
innommables, soigner les malades ou libérer les captifs. Mais
cette attitude n’est pas soumission : Martin est capable de
dire à tous, avec une grande fermeté, ce qu’il estime juste.
Toujours paisible et souriant, même lorsqu’il entend des
insultes racistes, il prend le temps de parler avec les
gens pour être proche d’eux, les écouter ou leur parler du
Christ tout en les soignant. C’est un excellent catéchiste, car
il touche les cœurs tout en ayant un enseignement de qualité.
Attentif à tous, il semble illuminé par une présence intérieure.
Considéré comme un mystique, très attaché au mystère de la
croix, il est cité en exemple par les maîtres des novices. On
finit d’ailleurs par lui demander de prononcer des vœux
religieux comme convers, ce qu’il accepte plutôt par obéissance,
mais avec une grande joie.
Homme de compassion et de prière, pratiquant la vie évangélique
des béatitudes pour se mettre dans les pas de son Seigneur,
enseignant ce qu’il contemplé, Martin est un vrai prêcheur.
Patron de la justice sociale pour le Pérou depuis 1945, il peut
nous inspirer pour répondre aux divers besoins de notre époque,
par des réponses à la fois personnelles et locales, mais aussi
plus globales.
Bibliographie
Giuliana Cavallini, Les
fioretti de saint Martin de Porrès, Cerf, Paris, 2006
Jean-Michel Potin, La
vie spirituelle, N° 7701, mai 2007, « Hagiographie »,
p. 282
Jacques Ambec, St
Martin de Porrès au service de la compassion, Pierre Tequi,
Paris, 2005
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